"On a tort de dire que la nuit tombe; on devrait dire la nuit monte; car c'est de terre que vient l'obscurité."

La semaine dernière je feuilletais un magasine de cinéma "prièredelelaisseraubar" et remarquais un film qui devait sortir aujourd'hui. Parfait pour un lendemain de Noël me dis-je. Et puis j'ai eu l'idée d'en lire sur la toile deux-trois critiques qui furent unanimement... dithypathétiques et qui m'ont bien refroidie. Cependant la bande-annonce est belle (mais l'esthétisme ne fait pas tout, et souvent dans mes choix tel Narcisse, il me perd), et le livre d'origine d'après mon copain wikipedia fut loin d'avoir rassemblé tous les suffrages. Un point commun avec le film. Alors je vais peut être me laisser tenter. Mais comme j'ai eu tendance ces temps plusoumoins derniers en ce lieu à griffonner des retours-de-navets, je me suis dit que je pouvais prendre le contre-courant du potager et publier le dessin avant d'en voir laversion du cinématographe. Un dessin qui appelle la couleur, je trouve, mais pour l'instant je n'arrive pas à m'y coller.
Chandelle

Depuis hier je suis en "trip fées". Ce qui n'a rien d'inquiétant puisque ce n'est que la deuxième que je dessine (je consomme avec modération) et, après tout, je tiens un blog de bisounours donc rien ne s'hors-thème. La créature cis-présente porte le nom d'un personnage de la trilogie de Wielstadt de Pierre Pevel parce que "Clochette" ne lui plaisait vraiment pas.
"Les gens font sans cessent référence à des citations de grands auteurs pour commenter leur vie...

...oubliant qu'il n'appartient qu'à eux d'écrire les leurs."
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"Quand je donne mes concerts j'explique, interprète, raconte des histoires. Les histoires qui m'ont permis d'écrire mes chansons. Mais parfois les gens n'aiment pas qu'on leur raconte."
Les gens. C'est -je ne sais pas- assez froid "les gens", on conserve une barrière, le spectateur, le lecteur, le voisin, l'amateur, le client, l'emmerdeur, le pote virtuel est une masse anonyme et indistincte. Mais peut être que lorsque l'on en cotoie beaucoup -des gens- par son travail, sa vie, ses envies, alors pour séparer l'intime du public, garder son propre monde, l'alentour devient les gens.
"Quand tout est gris, que je n'aime pas ma vie, j'me fais croire, j'me fais croire, j'me fais croire..."

Emmène-moi dans un bel ailleurs.
Semblent demander les internautes. Ou pour être plus exacte, la chanson de Mogwai dont j’avais dédié un message attire fréquemment des visiteurs-lecteurs. Mais comme, de façon très subjective, j’en aime autant le titre que je ne trouve pas cemorceaugénial, j’en conclus que seule la destination compte. Destination qui, si elle est commune, est propre à chacun de nous. J’ai entendu récemment une discussion sur la réalité, qui n’est que fiction, puisque perçue différemment selon les individus. Ce qui semble évident mais avant de l’entendre je n’y avais jamais songé. Cela reviendrait-il à se dire que pour s’évader, nul besoin de partir ou s’enfuir très loin mais simplement changer sa perception du monde ? Ca ne va pas changer les habitudes des consommateurs d’alicaments tout ça. Ni ceux qui se sentent déjà étrangers, dissemblables.
Mais a-t-on besoin d’étiquettes ?
Et à lire ceux qui se refusent d’appartenir à un genre, un mode, une idée,une foule, qui s’y refusent si fort que leur absence d’étiquette en devient tout de même une, à les lire donc, on se rend compte que nul n’aime vagabonder seul hors des sentiers battus.
Emmène-moi dans un bel ailleurs. Emmène-nous dans un bel ailleurs. Take us somewhere nice.
Nous sommes des chimères


En dessinant ceci j’ai écouté France Inter qui recevait ce soir Didier Raoult un scientifique décrit comme anticonformiste, que je cite pour mon titre. J’ai apprécié l’homme, pas en lui-même je ne le connais pas, mais le visage, le portrait qu’il a laissé apercevoir. J’ai aimé qu’il parle de la chance, sa chance. J’ai aimé qu’il s’amuse. J’ai aimé ses protocoles JeNeSaisPas. J’ai aimé que la science, la recherche, la médecine l’amuse, et que s’il y travaille encore et toujours, c’est pour cette raison. J’ai aimé qu’il avoue chercher, chercher dans les corbeilles, les artéfacts, ce que l’on ne veut pas voir, ce qui ne s’explique pas, surtout selon son hypothèse de départ. Parce que c’est tellement fréquent d’ignorer ce que l’on ne comprend pas. J’ai aimé qu’il souligne qu’on ne savait rien, qu’on ouvrait juste une fenêtre, que dans celle-ci on observait et tentait d’expliquer les choses, mais qu’on ne pouvait pas être dans le vrai, puisqu’on ne voit pas tout. Anticonformiste ? Et pourquoi ? Pourquoi faudrait-il que celui qui cherche, s’attarde, se dirige vers l’impossible ou l’inexplicable pour diriger ses intérêts de recherche ne soit pas la norme ? Et puis… pour trouver, expliquer, fureter, il faut surtout être hors-norme. J’aurais aimé surtout avoir la chance de croiser la route de quelqu’un qui pense comme lui. On ne peut se détourner de la recherche comme de tout autre centre d’intérêt si on vous laisse ouvert les possibles.
Et puis après il y eut une émission sur la photo.
Wer reitet so spät durch Nacht und Wind ?

Qui chevauche si tard dans la nuit et le vent ?
J'ai découvert très récemment le Roi des Aulnes, poème qui m'a beaucoup plu. Je l'image très bien. Jusqu'à vouloir l'essayer en dessin. Seul hic, je ne sais absolument pas dessiner les chevaux, et je n'ai pas vraiment tenté de m'y essayer correctement je l'avoue.
Des cornichons au chocolat

Enfant j’aimais (re)dessiner les couvertures de mes romans préférés du moment. Le genre ne changeait pas beaucoup, j’étais friande des histoires d’aventures et d’enquêtes des bibliothèque verte (je suis en flemme, ce soir, de majuscules). Il y a donc dû avoir des pages noircies de six compagnons, alice ou les trois jeunes détectives (d’ailleurs quand je relis les titres français de cette dernière série, je pense que mon humour légendaire n’est peut être pas sorti de nulle part). Comme mes yeux sont retombés sur le livre en titre plus tôt alors que j’essayais de trouver une microplace pour ranger de nouveaux livres, comme-bis mon projet ambitieux de première page en bédé d’anna karénine piétine, comme-ter ma procrastination légendaire me flemme aussi à me coller à d’autres choses bien plus urgentes, commeparcequetoussa j’ai dessiné une couverture.




