oslo 31aout 

 

Il y a ces films qui vous touchent en direct. On les aime, on les vit, ils nous transportent. Et puis il y a ceux qui vous font pester. Pester de ne pas rentrer dans l’univers, de rester de marbre devant ce personnage, son histoire, de ce qu’il traverse et qui ne devrait pas nous laisser étranger. Mais de ces films dont on est resté à la porte, à la grille en fer forgée du domaine interdit, il reste parfois des images. Celles que l’ont se remémore après coup. Qui vous font apprécier le film. Plus tard. De Oslo 31 août il me reste ces paysages en demi-teintes, ces moments hors du temps et poétiques de simples petits et touchants plaisirs entre les passages plus rythmés, plus enlevés mais pas forcément plus ancrés dans le réel. De cet acteur qui semble porter sur ses épaules tout le film, de son rôle qui a en lui toute la tristesse des êtres à bout de souffle. Cette sensation de ce personnage, d’être au milieu et à la fois spectateur du monde, de l’écouter, le regarder avec une infinie tendresse et pourtant s’y sentir complètement étranger ou exclu. Et ce sourire. Infiniment beau, triste. Ce sourire qui n’y croit plus.
Il y a ces films qui vous touchent en direct, et ceux que l'on apprécie quand on y réfléchit.

Une remarque en post-script alors que je cherchais une bande annonce dudit film. Il y a la version sous titrée française et anglaise. C'est étrange, outre le découpage, la version anglophone qui s'attarde peut être un peu plus sur les paysages. Je ne sais pas si c'est une généralité, cette différence traileresque entre ces deux pays, mais la première déroule juste des bribes d'images quand la seconde se doit d'être textuelle, d'expliquer, d'inclure forcément un but ou une action, de mettre en avant l'homme dans la machine, "one man", "one city" et peut être aussi d'inclure un certain regard, un parti-pris, dans ce tic-tac contre la montre, qui n'est pas forcément ressenti de cette façon selon la personne qui regarde le film.